Blog 1 sur l’écrivain Christophe Mayor et ses oeuvres. Pour Donner la parole à l’invisible. A travers des témoignages, des chroniques…Il souligne la réalité des conditions carcérales. Les 2 derniers tomes soit 800 pages sortie prévisible Mai 2027.
Affaire Casa de Papel : Le tournant décisif pour l'auteur Christophe Mayor
Le monde de l'audiovisuel a les yeux rivés sur le bras de fer judiciaire opposant l'auteur indépendant Christophe Mayor au géant Netflix. Au cœur du litige : des accusations de plagiat concernant la célèbre licence La Casa de Papel. Alors que les enjeux financiers sont colossaux, l'affaire vient de franchir une étape cruciale. En effet, les deux premières expertises judiciaires ont rendu des conclusions favorables à Christophe Mayor, confirmant des similitudes troublantes qui donnent du poids à la thèse de l'auteur.
Face à ces résultats, le juge a ordonné une troisième et ultime expertise. Ce rapport sera le pivot central du procès : il déterminera si le petit auteur indépendant peut légitimement réclamer les 60 millions d'euros de dommages et intérêts demandés aux puissants producteurs. Pour Christophe Mayor, c'est le combat d'une vie contre une multinationale, illustrant la difficulté pour les créateurs de protéger leurs œuvres face aux ogres du streaming. Si la troisième expertise confirme les précédentes, ce verdict pourrait créer un précédent historique dans l'industrie du divertissement.
World-Info. F-D Le 19/01/2026
Le "Guerrier" face au "Privilégié" : Deux visages du temps carcéral
Il existe deux manières d’écrire sur l’ombre : celle du témoin qui subit le temps et celle du puissant qui le survole. Quand un ancien président publie un ouvrage rédigé en vingt et un jours seulement, il ne livre pas une réflexion, il exécute une manœuvre de communication. Comment peut-on prétendre avoir saisi l’essence de l’enfermement quand on écrit sous la protection d’une garde rapprochée, dans un environnement où chaque privilège vient gommer la rudesse du réel ?
Le "véritable guerrier", celui dont la force morale se forge dans la résistance aux tentations et au mépris quotidien, sait que la prison est une affaire de patience et de cicatrices. Là où le détenu ordinaire doit jongler avec ses pensées pour ne pas sombrer dans l’abîme de la drogue ou du désespoir, l’homme politique, lui, dispose de tout le confort nécessaire pour mettre en scène sa propre introspection.
Écrire sur la prison en trois semaines est une insulte à la temporalité de ceux qui y vivent. Un bon livre sur la privation de liberté ne peut naître que d'une maturation lente, d'une confrontation physique avec la boue du système. En bâclant ce récit, on ne produit qu'une vision aseptisée qui déshumanise encore davantage ceux qui n'ont, pour seule arme, que leur dignité et leur "don de soi". Entre la fulgurance marketing et la survie morale, le fossé est immense : celui de la vérité.
Conclusion : La Justice face au Miroir de la Vérité
Au-delà de la polémique littéraire, cette opposition entre le récit éclair et le vécu profond pose une question fondamentale : qu'attendons-nous réellement de la justice et de ceux qui la représentent ? Si la justice est l'équilibre, elle ne peut se contenter de théories rédigées à la hâte dans le confort des privilèges.
Pour que la justice ait un sens, elle doit s'ancrer dans une compréhension réelle de l'humain et de sa capacité à se reconstruire. Le véritable diagnostic d'une société ne se fait pas dans les salons, mais dans la reconnaissance de la force morale de ceux qui, au cœur de l'adversité, choisissent de rester dignes. Il est temps de cesser de valider des récits de surface pour enfin écouter ceux qui ont traversé la tempête et qui, seuls, peuvent nous enseigner ce que signifie être maître de son destin.
Nicolas Sarkozy tire profit de sa notoriété et de sa forte exposition médiatique pour assurer la promotion de son ouvrage. Face aux éloges systématiques des chroniqueurs de Cyril Hanouna dans TPMP ou TBT9, l’ironie de la situation ne peut que prêter à rire.
Christophe Mayor
(Nous Publierons tous les articles que Christophe nous fait parvenir par ses lettres avec le plus de justesse possible. F.D)
Le Mystère des 21 Jours : Le journal d’un prisonnier
La parution du dernier ouvrage de Nicolas Sarkozy soulève une interrogation qui dépasse le simple cadre politique : celle du temps et de la création. Écrit en seulement trois semaines, ce livre s'affiche comme une fulgurance. Mais au-delà de la performance chronométrique, le lecteur attentif ne peut s'empêcher de s'interroger sur la nature profonde d'un récit né dans une telle urgence calendaire.
Peut-on réellement capturer l'essence d'une pensée, le bilan d'une vie ou la complexité d'une vision politique en vingt et un jours seulement ? Le temps de l'écriture est normalement celui de la maturation, du doute et de la relecture. Ici, la rapidité interroge. Est-ce le signe d'une discipline de fer, d'une pensée déjà sédimentée qui n'attendait qu'à couler sur le papier, ou le reflet d'une époque où l'immédiateté prime sur la profondeur ?
Il faut également considérer le cadre de cette genèse. Loin des affres de l'écrivain solitaire luttant contre la page blanche, l'ancien président évolue dans un environnement protégé, entouré d'une garde rapprochée et de privilèges qui lissent les aspérités du quotidien. Cette bulle, si elle permet une concentration totale, ne risque-t-elle pas de déconnecter le récit de la réalité rugueuse du commun des mortels ?
Dans ces conditions, le livre devient un objet curieux : est-ce une véritable introspection ou un exercice de communication parfaitement huilé ? Le lecteur reste face à ce paradoxe : admirer la vitalité de l'homme d'action tout en se demandant si, pour se forger une idée juste et durable, il ne faudrait pas, justement, laisser le temps au temps.
C’est impossible !
Peut-on réellement prétendre livrer une réflexion sur l'enfer carcéral quand l'ouvrage est bâclé en seulement vingt et un jours ? Cette fulgurance littéraire, loin d'être un signe de génie, trahit surtout une déconnexion totale avec la réalité du temps de l'ombre. Écrire sur la prison depuis une position de privilège absolu, protégé par une garde rapprochée du matin au soir, relève plus de la stratégie marketing que du témoignage authentique. Là où le détenu ordinaire sombre dans une temporalité figée et brutale, l'ancien président survole l'épreuve avec une aisance qui décrédibilise son propos. Un bon livre sur la souffrance et l'enfermement exige une maturation lente, un silence pesant et une confrontation avec la boue du quotidien ; autant d'éléments absents de cette bulle dorée. En fin de compte, cette rapidité d'exécution ne produit qu'une vision aseptisée et superficielle, incapable de rendre justice à la complexité d'un monde qu'on ne peut comprendre sans l'avoir vraiment subi dans sa chair et sa durée.
Le "Guerrier" face au "Privilégié" : Deux visages du temps carcéral
Il existe deux manières d’écrire sur l’ombre : celle du témoin qui subit le temps et celle du puissant qui le survole. Quand un ancien président publie un ouvrage rédigé en vingt et un jours seulement, il ne livre pas une réflexion, il exécute une manœuvre de communication. Comment peut-on prétendre avoir saisi l’essence de l’enfermement quand on écrit sous la protection d’une garde rapprochée, dans un environnement où chaque privilège vient gommer la rudesse du réel ?
Le "véritable guerrier", celui dont la force morale se forge dans la résistance aux tentations et au mépris quotidien, sait que la prison est une affaire de patience et de cicatrices. Là où le détenu ordinaire doit jongler avec ses pensées pour ne pas sombrer dans l’abîme de la drogue ou du désespoir, l’homme politique, lui, dispose de tout le confort nécessaire pour mettre en scène sa propre introspection.
Écrire sur la prison en trois semaines est une insulte à la temporalité de ceux qui y vivent. Un bon livre sur la privation de liberté ne peut naître que d'une maturation lente, d'une confrontation physique avec la boue du système. En bâclant ce récit, on ne produit qu'une vision aseptisée qui déshumanise encore davantage ceux qui n'ont, pour seule arme, que leur dignité et leur "don de soi". Entre la fulgurance marketing et la survie morale, le fossé est immense : celui de la vérité.
Nicolas Sarkozy tire profit de sa notoriété et de sa forte exposition médiatique pour assurer la promotion de son ouvrage. Face aux éloges systématiques des chroniqueurs de Cyril Hanouna dans TPMP ou TBT9, l’ironie de la situation ne peut que prêter à rire.
Christophe Mayor
(Nous Publierons tous les articles que Christophe nous fait parvenir par ses lettres avec le plus de justesse possible. F.D)
L'Épreuve de l'Ombre : Réflexions sur la Liberté Intérieure et la Justice
Il est terrible de se voir sombrer. De réaliser, impuissant, que l'on s'enfonce dans les arcanes de la pauvreté, de la décadence et d'une violence multiforme : physique, morale, verbale, parfois même insaisissable. Cette violence est un poison qui peut mener aux abîmes de l'enfer et au renoncement de soi.
Vivre ce naufrage en prison est une épreuve d'une dureté extrême. On évolue dans un monde glauque, insensible et malfaisant, un univers immoral nourri par le mensonge, l'individualisme, l'hypocrisie et le mépris. C’est un environnement morose, presque dénué d’humanité, où le "don de soi" n'existe plus. Ici, 80 % des rapports humains sont calculés, guidés par l'intérêt personnel ou l'orgueil.
La lutte contre les paradis artificiels
Dans ce tunnel sans fin, chacun cherche son propre support pour « tenir la distance ». Malheureusement, beaucoup se perdent dans des tentatives de suicide ou dans l'évasion chimique. On estime que 80 % des détenus trouvent dans la drogue ou les médicaments le moyen de s'évader dans un monde métaphysique le temps d'une nuit ou d'une journée. Ils sont prêts à tout pour obtenir leur dose quotidienne, espérant soulager leur moral.
Pourtant, résister est le seul chemin. C’est un combat de chaque instant dans cet environnement tumultueux qui bouscule tous les repères traditionnels de la vie en société. Il faut une force morale hors du commun pour surpasser ces tentations qui, sous couvert de soulagement, sont en réalité les portes d'entrée vers la déchéance.
La véritable force : le guerrier intérieur
Qu’est-ce que la véritable force morale d’un individu ? Pour moi, c’est celui ou celle qui résiste à ses propres démons, quelle que soit la puissance de la tentation qui s’offre à lui. Celui qui maintient une résistance optimale en prison est le véritable guerrier. S’il ne rompt pas dans cet enfer, il n’y a aucune raison qu’il change une fois à l’extérieur. Il en ressortira plus fort.
C’est cet aspect que l’administration et les experts devraient prendre en compte. Au lieu de supposer une récidive automatique, pourquoi ne pas étudier les dossiers selon la force de caractère démontrée ? Pourquoi ces différences de traitement ? Pourquoi un jeune de 25 ans aurait-il plus de chances d'obtenir une sortie anticipée qu'un homme de 60 ans ? Que signifie réellement cette justice ? Ce sont des questions qui mériteraient des thèses entières et des rapports complets pour changer des cahiers des charges souvent trop rigides et déshumanisés.
Maître de son destin
La fatalité n’est qu’une question de point de vue. Ce n'est pas un sentiment immuable comme l'amitié ou le désir. On dit souvent : « C’est le destin », comme si tout était déjà écrit. Mais rien n’est écrit. Tout se dessine en fonction de nos pensées, de nos actions et de la saisie des opportunités.
Même derrière les barreaux, je jongle avec mes pensées. Je laisse mon cerveau imaginer, je jette mes projets sur un brouillon papier, je les améliore sans cesse. Et si la réalité bloque le projet, j'analyse les obstacles comme un diagnostic pour essayer de les contourner. C'est peut-être là que réside ma force morale : dans cette capacité à ne jamais cesser de créer.
Malgré les murs, c’est nous qui traçons notre itinéraire de vie. Nous restons, envers et contre tout, les maîtres de notre destin.
Christophe Mayor
(Nous Publierons tous les articles que Christophe nous fait parvenir par ses lettres avec le plus de justesse possible. F.D)
La Vie : Un Voyage au Volant de Soi-même
La vie est une route, longue et sinueuse, jalonnée de nombreux obstacles que nous nous efforçons de franchir, avec plus ou moins de peine et de difficultés.
Pour mieux comprendre ce chemin, imaginez une route au lendemain d'une tempête : des arbres sont tombés en travers de la voie, des rochers et des pierres barrent le passage, et des éboulements rendent la progression incertaine.
Dans cette métaphore, vous êtes le conducteur d'un véhicule bien particulier : votre propre corps. C’est à bord de ce précieux véhicule que vous devez naviguer avec prudence et détermination. Tout au long de votre existence, il vous appartient de conduire ce corps à travers les aléas du relief et les imprévus du parcours.
Prendre soin de sa monture, anticiper les virages et garder le cap malgré les débris sur la chaussée sont les clés pour mener à bien ce grand voyage qu’est la vie.
Christophe Mayor
(Nous Publierons tous les articles que Christophe nous fait parvenir par ses lettres avec le plus de justesse possible. F.D)
Parution Prochaine !
Trois ans derrière les barreaux.
Une plume pour résister. Un livre pour témoigner.
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F.D
🤝 Copinage, faux frères et vraies trahisons
En prison, les relations humaines, c’est pas une histoire d’amitié. C’est une histoire de survie sociale.
T’es dans un monde où tout le monde sourit… mais rarement avec le cœur.
Tu crois avoir un “poto”, un “frère”, un mec avec qui tu partages ton pain, ton café, ta galère ? Attends que t’aies un colis, un peu d’argent sur le compte, une télé ou un contact dehors… et là, tu verras sa vraie couleur.
La prison, c’est le théâtre de la relation intéressée permanente. On s’aime tant qu’on a besoin l’un de l’autre. T’as une cartouche de clopes, t’es respecté. T’as plus rien, t’es transparent.
C’est pas de l’hypocrisie, c’est du calcul pur.
Moi, j’en ai vu des types pleins de principes, qui faisaient les grandes gueules contre “les balances”… jusqu’au jour où ils se font prendre avec un portable. Et là, ça couine, ça lâche des noms pour s’en sortir.
Y’a pas de morale ici, y’a que des deals.
On se dit “frère”, on se tape dans la main, on se raconte nos vies, nos peines…
Mais le premier qui peut tirer un avantage de toi sans se faire griller, il le fera. Un colis que t’attendais ? Il est jamais arrivé. Une promesse d’appel ? Oubliée. Une bouffe à deux ? Transformée en festin solo.
Et puis y’a les autres, ceux qui copinent avec les matons. Pas trop, juste ce qu’il faut. Assez pour avoir un petit passe-droit, un coup de main, une info. Mais attention, faut pas que ça se voie trop. Alors ils font semblant d’être “contre le système”, tout en allant gratter en douce au bureau.
Et quand tu parles trop fort ? Ils rapportent.
Moi, j’ai appris à observer.
Je donne plus ma confiance, je la loue à durée très limitée.
Et surtout, je me fie à ce que je vois, pas à ce qu’on me dit.
Il y a deux catégories de détenus :
– Ceux qui utilisent les autres pour tenir
– Et ceux qu’on utilise, jusqu’à ce qu’ils pètent un plomb.
Alors oui, y’a des exceptions. Des vrais gars. Rares. Mais tu les repères pas à leurs discours. Tu les repères quand t’es au fond du trou, sans rien, sans espoir. Et que malgré ça, le mec partage quand même. Sans rien attendre.
Ça, c’est pas un pote.
C’est un miracle.
Mais en prison, les miracles… c’est plus rare qu’un parloir sans retard.
Christophe Mayor
(Nous Publierons tous les articles que Christophe nous fait parvenir par ses lettres avec le plus de justesse possible. F.D)
📸 Voici mon véritable visage.
Pas retouché, pas trafiqué, pas rajeuni. Juste moi, aujourd’hui.
Celui qui a traversé l’enfer, sans costume ni maquillage. Celui qui a écrit, résisté, encaissé… et tenu debout.
Dans mes livres, les photos sont souvent anciennes, parfois retouchées, toujours travaillées. Normal : l’édition, la com’, c’est aussi une vitrine.
Mais à un moment, il faut aussi ouvrir la porte de l’atelier, montrer les coulisses. Montrer l’homme derrière l’auteur, le regard derrière les mots.
J’ai choisi de ne plus tricher. Pas avec vous. Pas avec moi.
Parce que la force, ce n’est pas l’image qu’on donne, c’est ce qu’on a sur le cœur… et dans le ventre. Bon cette photo date de 2012. Pour vous publier celle de 2026, j’attends le bon moment et d’avoir mis de la crème Nivea 😂
🔥 Bienvenue dans la vraie vie. Celle qui ne se cache plus.
#VisageVrai #SurvivreEnEnfer #ÉcrireOuSombrer #ChristopheMayor
Christophe Mayor
(Nous Publierons tous les articles que Christophe nous fait parvenir par ses lettres avec le plus de justesse possible. F.D)
La santé en prison ? Une mascarade organisée.
En détention, être malade, c’est pas juste un problème de santé. C’est un test de patience, de nerfs, et souvent… de chance. Tu peux avoir 40 de fièvre, un genou en vrac, une dent prête à exploser : l’important, c’est de remplir un bout de papier. Une “demande d’infirmerie”. Une feuille volante qui peut mettre 3 jours, 3 semaines ou… ne jamais arriver.
Et quand, miracle, ton nom apparaît enfin sur la liste du matin, on te crie :
— “T’as rendez-vous ! Prépare-toi !”
Mais tu sais jamais si c’est pour aujourd’hui, demain ou l’année prochaine.
Et t’as intérêt à pas louper le chariot du petit déj, parce que l’attente commence…
Je ne parle De la Salle d’attente de l’infirmerie aux Baumettes dans laquelle les détenus fument comme des pompiers et le
Reste lol.
Arrivé là-bas, l’accueil est souvent glacial. Les soignants, faut être honnête, ils font ce qu’ils peuvent. Mais ils sont sous l’eau, débordés, mal payés, mal considérés. Le vrai problème, c’est le système.
On te donne du Doliprane comme on distribue des bonbons à Halloween. T’as mal aux dents ? Doliprane. T’as une infection ? Doliprane. Tu tousses du sang ? Doliprane. Et si tu fais une crise d’angoisse ? Un petit quart de Lexomil.
Tu ressors plus défoncé que soulagé.
Certains passent des mois à réclamer une radio, un IRM, un psy, un dermato… Résultat ? Soit t’es transféré avant le rendez-vous, soit tu sors libre avec ton problème sous le bras. Je suis légèrement dans l’exagération mais cela se
Rapproche de cette situation.
Et je parle même pas des traitements lourds : diabète, VIH, maladies chroniques. Là, c’est la roulette russe. T’oublies une dose ? Tant pis pour toi.
Moi je ne me plains pas je suis diabétique et j’ai toujours mon traitement.
Un jour j’ai vu un mec supplier pour ses cachets :
“Sans ça, je peux crever monsieur l’infirmier.”
On lui a répondu :
“Reviens demain, on a pas eu la livraison.”
14 mois. C’est le temps qu’il m’a fallu pour avoir un rendez-vous pour un IRM de prostate avec 18 de taux de PSA. Rendez-vous pris aux Baumettes pour venir sur salon à 13h en pleine chaleur me dire Mayor tu as un transfert médical maintenant. JE suis en vêtement de travail, transpirant et fatigué par la chaleur, je ne me sentais pas de faire 1h de camion cellulaire et de subir 2 fouilles allez et retour. J’ai été contraint de refuser.
Ici le docteur généraliste en janvier me dit cash « vous avez un cancer » avec un taux comme ça ! Le mec sans me connaître me condamne alors que j’arrive sur salon en décembre.
De 2 a 6 mois. C’est ce que certains attendent pour voir un dentiste.
Mais t’as de la chance : si tu meurs, au moins t’attendras plus. C’est peut-être ça, leur logique.
Et pendant ce temps, les surveillants ferment les yeux. Pas méchamment. Mais parce qu’eux aussi savent que le système est pourri jusqu’à l’os.
Alors on s’organise entre nous. On échange des conseils, des cachets, des remèdes de grand-mère. Tisane de menthe du terrain, huile d’olive planquée sous le lit, compresse avec des mouchoirs.
Mais le seul lieu humain dans ce monde de bestiaux est l’infirmerie. Personnel sympathique et en général gentil et bienveillant.
Bienvenue à l’infirmerie.
Un monde parallèle, où la douleur se gère à la chaîne, et où l’urgence se mesure à la tête du client.
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Christophe Mayor
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🎯 Les tablettes en prison : 125 millions pour quoi au juste ?Par Christophe Mayor
Des tablettes dans les cellules. Voilà l’idée. À première vue, ça paraît presque logique : permettre aux détenus de s’informer, d’apprendre, de préparer leur sortie. C’est beau, sur le papier. Mais comme souvent avec l’administration pénitentiaire, entre les grandes annonces et la réalité sur le terrain, il y a un monde.
125 millions d’euros dans les murs
Le plan lancé en fanfare par le ministère de la Justice prévoyait d’équiper les prisons françaises de tablettes numériques. Objectif affiché : moderniser les démarches administratives, favoriser la réinsertion, permettre l’accès à la formation, voire aux cours à distance. En 2023, 16 000 cellules sont équipées dans près de 90 établissements. Près de 22 000 détenus en profitent.
Coût estimé du programme ? 125 millions d’euros. Oui, vous avez bien lu. 125 millions pour des tablettes murales, à usage restreint, sans Internet libre, dans des cellules souvent surpeuplées, parfois sans douche, avec des toilettes à côté du lit. Priorité étrange, non ?
Du savoir… au divertissement
Sur le terrain, on découvre rapidement que certaines tablettes sont détournées de leur usage. Des détenus filment leur cellule, jouent à des jeux vidéo, regardent des films. Des vidéos sortent sur TikTok. Des appareils, censés être sécurisés, sont parfois décroché des murs. Tout ça pendant qu’on interdit encore à certains détenus d’avoir un simple stylo ou un livre sans autorisation spéciale.
Et pendant ce temps-là… moi, j’ai vécu la version kafkaïenne de l’accès à l’informatique.
Aux Baumettes, j’ai fait une demande pour acheter un ordinateur. Il a fallu 13 mois pour qu’on me remette un devis : le 12 décembre 2024. Et devinez quoi ? On m’a transféré le 16 décembre. Quatre jours plus tard. Heureusement que je n’avais pas payé ! (lol)
Arrivé à Salon-de-Provence, rebelote. Nouvelle demande début janvier 2025. Et le devis ? Je l’ai reçu… le 20 juin 2025. On m’annonce ensuite un mois pour la livraison. Voilà ce qu’on appelle « l’accès au numérique ». Bien sûr, une fois l’ordinateur reçu, il est totalement bridé. Aucune navigation Internet, un simple outil de jeux ou de travail sur word. Une coquille vide, verrouillée sans imprimante.
Résultat : programme suspendu
Début mars 2025, coup de frein. Le ministre de l’Intérieur (Darmanin) annonce la suspension immédiate du programme. Il faut dire qu’entre les détournements, les failles techniques et l’opacité du budget, il y avait de quoi tiquer. Un audit est lancé. Depuis ? Silence radio.
On parle maintenant de renforcer la sécurité, de revoir le système. Mais à quoi bon dépenser des millions si c’est pour continuer à faire semblant ? Si c’est juste pour cacher la misère numérique derrière des écrans vissés au mur ?
Et si on se posait la vraie question ?
À quoi sert une tablette quand on n’a pas de formation ? Quand l’école en détention est surchargée, que l’accès à Internet est bridé, que les délais pour accéder à un conseiller SPIP explosent ? On met des écrans aux murs mais pas d’oreilles humaines à l’écoute. On veut moderniser, oui, mais sans s’attaquer aux racines : surpopulation, isolement, violence, inégalités d’accès aux droits.
En détention, ce qu’il faut, ce sont des moyens humains, de la parole, de la transmission. Pas des gadgets hors de prix dans des cellules parfois à trois ou quatre, sans douche, avec doubles grilles et odeur d’urine.
Une autre voie est possible
Dans “Survivre en Enfer”, je raconte ce que c’est, vraiment, la détention. Pas celle qu’on fantasme dans les discours politiques, mais celle qu’on vit entre quatre murs. Ce que je défends, ce n’est pas le tout-numérique. C’est le tout-humain. L’accès au savoir, oui. Mais avec du lien, du sens, de la cohérence. Pas juste des budgets jetés pour faire bien dans un bilan de fin de mandat.
Les tablettes ne sauveront pas la prison. Ce n’est pas un bug dans le système. C’est le système lui-même qu’il faut reprogrammer.
Formulaire :
https://forms.gle/BL7MNCz6GkdUuU4T8
Christophe Mayor
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🔒 Enfermés dans l’illégalité : cellules surpeuplées, doubles grilles, absence de douches… jusqu’où ira-t-on ?
En maison d’arrêt, les conditions de détention dépassent parfois l’entendement.
Je ne parle pas ici d’un confort souhaitable, mais d’un minimum légal, de ce que l’on est en droit d’attendre dans un pays qui se prétend attaché aux Droits de l’Homme.
Aux Baumettes, à Marseille, on enferme encore en 2025 2, 3 voire 4 personnes dans 9m², avec une minuscule douche ajoutée à la va-vite dans un coin.
Pendant ce temps, au centre pénitentiaire de Salon-de-Provence, tu peux te retrouver seul en cellule… mais sans douche, avec toujours les doubles grilles pourtant interdites.
Un système à deux vitesses. Mais dans les deux cas, un système en infraction.
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📏 Cellules trop petites : l’État français condamné… et ça continue
L’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) interdit les traitements inhumains ou dégradants.
Dans sa jurisprudence, la Cour européenne a fixé un minimum de 3 m² d’espace personnel par détenu dans une cellule collective. En dessous, c’est illégal.
⚠️ Or, dans les Baumettes, certaines cellules font moins de 9 m² pour 3 ou 4 détenus, avec les lits superposés, les WC à vue, et la douche en coin.
Résultat : 2m² ou moins par personne, souvent dans une chaleur irrespirable, avec odeurs, humidité, punaises et tensions permanentes.
⛓️ Ce n’est pas une anecdote : c’est une infraction quotidienne.
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🚿 Pas de douche en cellule ? Une autre atteinte à la dignité
À Salon-de-Provence, même en cellule individuelle, tu dois quémander une douche, en secteur fermé. C’est pas le cas en secteur ouvert où l’accès aux douches est libre mais dans le couloir. Tu peux aussi être puni, si le personnel manque, ou s’il y a un incident… tu peux rester 4 jours sans te laver. C’est très rare mais il y a eu des cas.
Cela va à l’encontre de la Recommandation R(2006)2 du Conseil de l’Europe, qui affirme que chaque détenu doit avoir la possibilité de se doucher tous les jours.
L’administration française fait mine de respecter la loi sur le papier, mais dans la pratique, les atteintes à l’hygiène et à la dignité sont constantes.
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🧱 Les doubles grilles : illégales mais toujours là
Autre violation flagrante : les doubles grilles dans les cellules (barreaux + caillebotis métalliques soudés).
Elles ont été condamnées par plusieurs juridictions, car elles empêchent l’aération, la lumière naturelle et créent une impression d’isolement renforcé.
Le Conseil d’État (décision n° 451522 du 5 octobre 2022) et plusieurs cours administratives d’appel ont reconnu que ces dispositifs pouvaient constituer un traitement dégradant, contraire à la CEDH.
🚨 Pourtant, elles sont encore présentes aux Baumettes et à Salon, dans l’indifférence générale. Même des cellules rénovées récemment en sont toujours équipées.
Pour preuve les nouvelles cellules en construction aux Baumettes en sont équipées.
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📉 Un État condamné… qui s’en fout ?
La France a déjà été condamnée plusieurs fois par la Cour européenne des droits de l’homme, et même par sa propre Cour de cassation, pour ses conditions indignes de détention.
Elle a aussi été placée sous surveillance par le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT).
Mais les condamnations sont rares, lentes, et le système continue de broyer des hommes dans des cellules trop petites, mal équipées, sans lumière ni hygiène.
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✊ Parler, c’est résister
Ceux qui n’y sont jamais allés pensent souvent qu’on exagère.
Mais ce n’est pas une question de confort, c’est une question de loi, de droits fondamentaux, de dignité humaine.
Et tant que l’administration pénitentiaire continuera à se cacher derrière ses rapports internes ou à mentir aux familles, il faudra des voix pour dire la vérité.
Je suis de celles-là
Christophe Mayor
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Surveillant pénitentiaire : un métier à part… et à part entière
On croit souvent que les détenus vivent l’enfer… mais on oublie ceux qui y travaillent tous les jours.
Être surveillant de prison, c’est un métier dont personne ne rêve vraiment.
Peu de reconnaissance. Beaucoup de tension. Et un salaire qui ne justifie pas le poids qu’ils portent au quotidien.
Tu vis en permanence dans un climat de violence contenue.
Tu dois gérer des profils explosifs, des histoires lourdes, des injustices parfois.
Tu es entre l’État, la loi, la hiérarchie… et 100, 200, 500 ou 1000 mecs enfermés qui testent tes limites, tous les jours.
Un bon surveillant, c’est un funambule.
Il marche sur un fil entre l’autorité et l’humain.
S’il est trop gentil, il se fait bouffer. S’il est trop dur, il alimente la haine.
Il doit tout contrôler : les fouilles, les tensions, les trafics, les demandes… Et parfois, il n’a même pas le temps de manger.
J’en ai vu bosser à 6 pour 300 détenus.
J’en ai vu tomber en burn-out. J’en ai vu pleurer.
Mais j’en ai aussi vu rire avec des détenus, partager un regard, désamorcer une bagarre sans un mot.
Leur métier, c’est de tenir l’équilibre.
Alors oui, certains font mal leur job. Mais d’autres le font avec une humanité incroyable.
Respect à ceux qui tiennent debout dans un monde qui s’écroule.
Et surtout, à ceux qui ne confondent pas enfermement et déshumanisation.
Formulaire de commande:
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Tous les surveillants ne se valent pas
En prison comme ailleurs, il y a de tout. Des surveillants, j’en ai croisé plusieurs dizaines. Certains m’ont dégoûté à vie. D’autres m’ont aidé à ne pas sombrer.
Il faut dire la vérité, même si elle dérange :
Oui, il y a des surveillants de prison qui sont cons. Pas juste maladroits ou dépassés. Non, cons tout court.
Des types frustrés, sarcastiques, qui prennent leur petit pouvoir pour un trône.
Ils humilient, rabaissent, provoquent, en toute impunité.
Ils savent que le détenu n’a quasiment aucun droit de réponse.
Certains jouissent de te voir t’énerver pour mieux te sanctionner. Ils poussent à la faute.
Mais ce serait injuste de ne montrer qu’eux.
Parce qu’à côté, il y a les autres.
Les humains. Les vrais.
Ceux qui bossent dans des conditions intenables mais gardent leur dignité.
Ceux qui te parlent comme à un homme, même si t’as une étiquette sur le dos.
Ceux qui ne confondent pas justice et vengeance.
J’ai eu des échanges puissants avec certains matons. Des vraies discussions d’homme à homme, sans barrière. Des silences aussi, qui valaient plus que mille sermons.
Parfois, un simple “bon courage” glissé à voix basse te redonne foi en l’humanité.
Ne juge jamais un uniforme. Le système est dur pour tout le monde.
Mais rappelle-toi : certains l’utilisent pour te rabaisser. D’autres, pour te relever.
Christophe Mayor
(Nous Publierons tous les articles que Christophe nous fait parvenir par ses lettres avec le plus de justesse possible. F.D)
